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Fabrication de l’encens japonais (2)

mercredi 10 juin 2009, par jeanmi

Il est assez facile de ne pas utiliser de salpêtre ou même de charbon dans la fabrication de l’encens de plantes. En revanche, c’est une autre histoire quand il s’agit d’en perfectionner l’art. La manière la plus simple consiste à utiliser un agglomérant appelé Makko. Il ne s’agit pas simplement d’un agglomérant hydrosoluble, mais également d’un combustible. Ce qu’on appelle Makko correspond à de l’écorce naturelle provenant d’un arbre à feuilles persistantes et qui ne contient aucun produit chimique, ni charbon, ni salpêtre.

Pour faire de l’encens, il suffit de mélanger les ingrédients choisis sous forme de poudre avec du Makko et d’ajouter de l’eau chaude. Pétrir longuement la pâte obtenue et former des cônes ou des bâtonnets, puis les laisser sécher doucement. Les spécialistes japonais de la fabrication d’encens font appel à des techniques précises pour déterminer le temps de séchage exact. Environ une semaine en été et 10 jours en hiver.

Presque toutes les recettes d’encens incluent du bois de santal. C’est un arôme de base très apprécié ainsi qu’un bon combustible seul. Si un encens ne contenait que du bois de santal, il nécessiterait environ 10% de Makko seulement. Toutefois les résines comme l’encens frank sont plus difficiles à brûler et doivent être ajoutés en beaucoup plus petite quantité aux combustibles comme le bois de santal ou le Makko. Sans quoi, votre encens ne brûlerait pas correctement, générerait trop de fumée ou serait trop volatile.

Le Makko : qu’est ce que c’est ?

En réalité, Makko signifie simplement « poudre d’encens », mais sous le terme Makko, nous entendons une poudre d’encens spéciale appelée Tabu no ki. Il s’agit de l’écorce d’un arbre qui pousse en Asie du Sud est, le Machilus Thunbergii. Il existe 4 sortes de Makko, celle de moins bonne qualité diffuse moins d’arôme que les autres. Ce qui rend cette poudre spéciale c’est ses propriétés d’adhésif hydrosoluble, qui ne dégagent pratiquement aucune odeur, et qui semble complêtement éliminé lors du mélange avec les autres ingrédients. Il permet également à l’encens de brûler doucement et de manière régulière.

Matériel servant à mettre l’encens en poudre

Les ingrédients sont pulvérisés au lieu d’être moulus dans un moulin à poudre électrique. Cela empêche que les produits soient surchauffés et perdent leur proprités aromatiques. C’est très important car un ingrédient comme le bois de santal perdra la majeure partie de son arôme, et ce dernier sera très affaibli.

Il existe 2 méthodes « maison » dont vous pouvez vous servir. L’une utilise un Molcajete.

Autre méthode possible : le moulin à café à manivelle

Vous pouvez également chercher des ingrédients qui sont déjà en poudre, comme les clous de girofle, le cassier (cannelle), le nard etc. qui peuvent être achetés chez des fournisseurs d’épices, de plantes ayurvédiques ou boutique massage. On appelle généralement le cassier « la cannelle vietnamienne », il est préférable qu’il contienne 4% ou plus d’huile. Les fournisseurs d’encens Baieido en proposent souvent.

Mixer, pétrir, extruder, durcir, et sécher l’encens

La quantité de chaque ingrédient est mesurée avec attention. Puis les mélanger tous ensemble dans le mixeur. Une fois qu’il est bien mixé, le tout est versé dans un tamis afin d’en retirer les impuretés, puis bluté pour le rendre uniforme. La poudre doit être très fine pour que l’encens soit correctement mélangé, pétri, extrudé et séché correctement. De votre côté, vous pouvez utiliser un tamis à farine après avoir mixé les ingrédients. Le Makko est ensuite ajouté aux autres ingrédients afin qu’ils soient plus facile à brûler puis à fixer. Le Makko doit représenter au minimum 10% de la mixture, et selon les autres ingrédients, on peut être amené à en rajouter pour obtenir une bonne combustion.

Puis la poudre est versée dans une machine pour être pétrie, on y ajoute de l’eau et le tout est transformé en pâte uniforme appelée « Tama ». Pour la fabrication d’encens « maison », vous pouvez utiliser un mortier et un pilon en porcelaine de taille moyenne ou grande. Versez un peu d’eau et prétissez le tama jusqu’à ce que sa texture soit consistante.

Il faut ensuite extruder les bâtons d’encens, la technique ressemble fort à celle de l’extrusion des pâtes. Pour l’encens Baieido, on utilise un extrudeur hydraulique au Japon. Une pression importe est nécessaire pour pousser le tama par l’extrudeur. Si vous êtes chez vous, c’est à ce moment là que vous pouvez modeler le tama en forme de cônes ou alors l’applatir puis le découper en fines bandes. Poursuivez ensuite comme nous allons l’indiquer.

Puis arrive l’extrusion de la pâte d’encens (tama) en forme de longs fils. Ces fils sont capturés sur le bord et découpés à une longueur donnée. Puis les bâtonnets d’encens (senko) seront décollés du bord puis durcis.

L’étape suivante consiste à découper des bâtonnets d’encens de différentes longueurs selon leur futur usage. Une fois les bâtonnets d’encens (senko) découpés à la longueur appropriée, ils sont disposés sur des plateaux séchants sur des étagères afin qu’ils sèchent. Il faut plusieurs jours pour que l’encens soit correctement séché, et pendant cette période, les bâtonnets d’encens sont ajustés à l’aide d’une planche/d’un bâton pour réduire l’espacement entre les bâtonnets à peine secs, et pour qu’ils gardent leur forme droite. Pour finir, les bâtonnets d’encens sont reliés en paquets pour éviter qu’ils ne se plient.

Comme vous pouvez le constater, la manière des japonais de fabriquer l’encens est tout un art. Chaque étape du procédé demande beaucoup d’attention et de professionnalisme. Il existe bien sûr d’autres moyens plus rapides, mais cette méthode permet de créer l’encens le plus raffiné au monde !

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